L’hémodialyse en province, la fin d’un calvaire pour les patients
Par la Rédaction de Fasoverse Média
Longtemps concentrée à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, la prise en charge de l’insuffisance rénale chronique connaît une décentralisation historique. Avec l’ouverture imminente et progressive des centres d’hémodialyse de Dori, Dédougou et Banfora, c’est une véritable bouffée d’oxygène pour des centaines de malades et leurs familles.
Réduire la « double peine » des patients
Jusqu’à présent, un patient résidant dans la Boucle du Mouhoun ou dans les Cascades devait faire face à une double épreuve : la maladie elle-même et le coût exorbitant des déplacements hebdomadaires vers les grands centres urbains. « Certains patients finissaient par abandonner les soins, épuisés physiquement et ruinés financièrement par les frais de transport et de logement à Ouagadougou », confie un acteur associatif du secteur de la santé.
L’implantation de ces nouveaux centres permet désormais une prise en charge de proximité, réduisant drastiquement les coûts indirects de la maladie.
Des équipements de pointe pour les régions
Ces nouveaux centres ne sont pas des structures au rabais. Ils sont dotés de générateurs de dialyse de dernière génération et de systèmes de traitement d’eau répondant aux normes internationales. À Dédougou, par exemple, la structure est intégrée au Centre Hospitalier Régional (CHR), permettant une synergie directe avec les services de néphrologie et de réanimation.
Le défi des ressources humaines
Si les infrastructures sont là, le défi reste celui du personnel qualifié. Le ministère de la Santé a intensifié la formation de techniciens supérieurs en néphrologie et de médecins spécialistes pour armer ces centres. L’enjeu pour 2026 est de stabiliser ces équipes en province pour garantir la continuité du service 24h/24.
Cette expansion territoriale de l’hémodialyse marque un pas de géant vers l’équité sociale en matière de santé, prouvant que le lieu de résidence ne doit plus dicter les chances de survie d’un Burkinabè.
