L’Assemblée législative de transition consolide l’ancrage du Burkina Faso dans la Confédération des États du Sahel
Le Burkina Faso a franchi une nouvelle étape dans la consolidation de l’Alliance des États du Sahel. Réunis en séance plénière, les députés de l’Assemblée législative de transition (ALT) ont adopté à l’unanimité, jeudi, quatre projets de loi portant ratification de protocoles additionnels au Traité instituant la Confédération des États du Sahel (AES).
Le vote favorable des 59 députés présents confirme la volonté des autorités burkinabè de renforcer l’intégration politique, sécuritaire et économique avec le Mali et le Niger, dans un contexte régional marqué par les défis sécuritaires, diplomatiques et de souveraineté.
Des protocoles pour structurer la Confédération
Les textes ratifiés avaient été signés lors d’une session extraordinaire des chefs d’État de l’AES tenue à Bamako. Ils visent à renforcer l’architecture institutionnelle de la Confédération créée officiellement en 2024 par les trois pays sahéliens.
Selon les autorités burkinabè, ces protocoles concernent principalement :
- le renforcement de la coopération en matière de défense et de sécurité ;
- l’harmonisation diplomatique entre les États membres ;
- la coordination des politiques de développement ;
- l’organisation des futures sessions parlementaires confédérales.
L’objectif affiché est de doter l’AES d’institutions plus structurées capables d’assurer une gouvernance commune sur plusieurs dossiers stratégiques.
Une intégration sécuritaire au cœur des priorités
Devant les parlementaires, le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a insisté sur l’importance de ces ratifications pour la poursuite des grands projets confédéraux.
Parmi les initiatives évoquées figurent notamment :
- la mise en place d’une force militaire unifiée ;
- le développement de mécanismes conjoints de lutte contre le terrorisme ;
- le partage renforcé du renseignement ;
- la sécurisation coordonnée des frontières communes.
Depuis leur retrait de la CEDEAO annoncé en 2024, le Burkina Faso, le Mali et le Niger multiplient les initiatives visant à construire un cadre de coopération autonome centré sur les enjeux sécuritaires sahéliens.
Les trois États font face depuis plusieurs années à une intensification des attaques terroristes dans plusieurs zones frontalières, notamment dans la région du Liptako-Gourma.
Une ambition économique et médiatique commune
Au-delà des questions militaires, les autorités de l’AES veulent également accélérer l’intégration économique entre les trois pays.
Les débats à l’ALT ont ainsi permis d’évoquer plusieurs projets structurants :
- la création d’une banque confédérale ;
- le financement commun de projets de développement ;
- la facilitation des échanges commerciaux ;
- l’harmonisation progressive de certaines politiques économiques.
Les autorités envisagent aussi le lancement de médias confédéraux, notamment une radio et une télévision de l’AES destinées à renforcer la diffusion d’informations communes et à promouvoir la vision politique de l’Alliance.
Pour les dirigeants sahéliens, ces outils médiatiques doivent contribuer à renforcer la cohésion entre les populations des trois pays et à soutenir la stratégie de communication de la Confédération sur la scène internationale.
Des débats sur le financement de la lutte antiterroriste
Les échanges parlementaires ont également porté sur les défis liés au financement durable de la lutte contre le terrorisme.
Plusieurs députés ont insisté sur la nécessité pour les États membres de développer des mécanismes autonomes de financement afin de réduire la dépendance vis-à-vis des partenaires extérieurs.
La question des mécanismes traditionnels de prévention et de résolution des conflits a également été évoquée au cours des débats. Certains parlementaires ont plaidé pour une meilleure prise en compte des autorités coutumières et communautaires dans les stratégies de stabilisation du Sahel.
Une convergence diplomatique assumée
Le ministre des Affaires étrangères a par ailleurs salué l’alignement croissant des positions diplomatiques du Burkina Faso, du Mali et du Niger sur plusieurs dossiers internationaux.
Depuis la création de l’AES, les trois pays affichent régulièrement des positions communes sur :
- la souveraineté des États ;
- la coopération militaire ;
- la gouvernance internationale ;
- les partenariats stratégiques.
Cette convergence diplomatique s’est notamment traduite par des prises de position communes dans certaines instances internationales et par le renforcement des relations avec de nouveaux partenaires, notamment la Russie, la Turquie et l’Iran.
L’AES veut s’imposer comme un nouveau modèle régional
Créée officiellement en 2024, la Confédération des États du Sahel ambitionne de devenir un espace d’intégration politique, économique et sécuritaire alternatif en Afrique de l’Ouest.
Pour les autorités des trois pays, l’AES représente une réponse régionale aux défis spécifiques du Sahel, avec une approche axée sur la souveraineté, la solidarité régionale et la coopération sud-sud.
Avec cette nouvelle ratification, le Burkina Faso réaffirme sa volonté de jouer un rôle central dans la construction progressive de cette Confédération sahélienne dont les dirigeants espèrent faire un modèle durable d’intégration africaine.















