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États-Unis : des poussins éclosent d’un œuf artificiel dans un projet visant à ressusciter des espèces disparues

Une avancée scientifique qui relance le débat sur la « désextinction »

Une entreprise américaine spécialisée dans les biotechnologies affirme avoir franchi une étape majeure dans ses recherches sur la résurrection d’espèces disparues. La société américaine Colossal Biosciences a annoncé la naissance de 26 poussins issus d’un système d’œuf artificiel développé en laboratoire.

Cette innovation pourrait, selon l’entreprise, ouvrir la voie à la réintroduction d’espèces éteintes comme le moa géant de Nouvelle-Zélande ou le dodo de l’île Maurice.

Un œuf artificiel conçu grâce à la bio-ingénierie

Contrairement à un œuf naturel, le dispositif développé par Colossal Biosciences repose sur une structure artificielle imprimée en 3D et équipée d’une membrane en silicone bio-ingénierée.

Selon les chercheurs de l’entreprise, cette membrane reproduit plusieurs fonctions essentielles d’une coquille naturelle :

  • l’échange d’oxygène ;
  • la régulation de l’humidité ;
  • la protection et le soutien de l’embryon durant son développement.

Les embryons de poulets ont été transférés dans cette structure artificielle après les premières étapes de développement, puis incubés jusqu’à l’éclosion complète des poussins.

L’entreprise affirme que les 26 poussins obtenus sont en bonne santé et se développent normalement dans ses installations au Texas.

L’objectif : faire revivre des oiseaux disparus

Cette technologie constitue une pièce importante du programme de « désextinction » porté par Colossal Biosciences. L’entreprise travaille depuis plusieurs années sur des projets visant à recréer des animaux disparus grâce à l’ADN ancien et au génie génétique.

Parmi les espèces ciblées figurent :

  • le moa géant de Nouvelle-Zélande ;
  • le dodo ;
  • le mammouth laineux ;
  • le tigre de Tasmanie.

Dans le cas du moa, un immense oiseau incapable de voler disparu il y a plusieurs siècles, les scientifiques estiment qu’aucun oiseau moderne ne pourrait naturellement pondre ou couver un œuf de taille équivalente.

Le système d’œuf artificiel permettrait donc de contourner ce problème biologique en incubant directement les embryons dans des structures adaptées à différentes tailles d’espèces.

Des experts impressionnés mais prudents

L’annonce a toutefois suscité des réactions mitigées dans la communauté scientifique.

Plusieurs chercheurs reconnaissent une avancée technologique importante dans le domaine de l’incubation artificielle des oiseaux.

Mais de nombreux spécialistes rappellent que faire éclore des poussins dans une coquille artificielle ne signifie pas encore qu’il soit possible de ressusciter une espèce disparue.

Certains scientifiques soulignent notamment :

  • l’absence de publications scientifiques détaillées et évaluées par des pairs ;
  • les difficultés liées à la reconstruction complète de l’ADN d’espèces éteintes ;
  • les questions éthiques autour de la création d’animaux génétiquement modifiés.

D’autres experts estiment également que les espèces recréées ne seraient pas de véritables animaux « ressuscités », mais plutôt des organismes modernes modifiés pour ressembler à des espèces disparues.

Une technologie qui pourrait aussi servir à la conservation

Au-delà de la désextinction, certains chercheurs considèrent néanmoins que cette technologie pourrait avoir des applications concrètes dans la protection d’espèces menacées.

Les systèmes d’incubation artificielle pourraient notamment :

  • améliorer les taux d’éclosion d’oiseaux rares ;
  • préserver des espèces dont la reproduction naturelle devient difficile ;
  • faciliter certains programmes de conservation et de reproduction assistée.

Le débat reste toutefois ouvert entre les partisans de ces technologies futuristes et ceux qui estiment que les efforts scientifiques devraient prioritairement se concentrer sur la protection des espèces encore vivantes et de leurs habitats naturels.

La rédaction 


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