C’est une page de l’histoire militaire contemporaine du Burkina Faso qui se tourne. Dans la nuit du dimanche 24 au lundi 25 mai 2026, le Général de division Honoré Nabéré Traoré s’est éteint à l’âge de 69 ans.
Retour sur le parcours d’un homme de devoir qui aura dirigé la Grande Muette au cœur des plus grandes tempêtes politiques du pays.
L’annonce est tombée au petit matin, plongeant la nation et les casernes dans la stupeur et le recueillement. Le Général Honoré Nabéré Traoré n’est plus. Très vite, les hommages ont afflué de toutes parts, saluant la mémoire d’un « valeureux fils », d’un « homme de devoir et de sacrifice ». Il faut dire que l’officier général aura passé sa vie sous les drapeaux, incarnant la résilience d’une armée nationale souvent mise à rude épreuve.
L’homme des missions impossibles
Nommé Chef d’État-Major Général des Armées (CEMGA) en mars 2011 par le président Blaise Compaoré, le Général Traoré hérite alors d’une patate chaude. Le pays est secoué par des mutineries militaires sans précédent qui ébranlent les fondements mêmes de la République. Sa mission : restaurer la discipline, panser les plaies et reconstruire la cohésion interne de la troupe. Un défi qu’il relèvera avec diplomatie et fermeté, parvenant à stabiliser l’institution.
Au cœur du séisme d’octobre 2014
Mais c’est en octobre 2014 que le destin du Général bascule sous les projecteurs de l’histoire tumultueuse du Burkina Faso. Porté par l’insurrection populaire qui pousse Blaise Compaoré à la démission, Honoré Nabéré Traoré assume brièvement les responsabilités de chef de l’État, conformément à la tradition militaire.
Dans un contexte de rivalités internes intenses, et pour préserver l’unité des forces armées face aux revendications de la rue, il accepte de s’effacer au profit du lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida. Cet acte de retrait, qualifié par ses proches de « sacrifice ultime pour la paix », évitera au pays un bain de sang et un affrontement fratricide au sommet de l’État.
Au-delà du treillis : le serviteur du sport roi
Le Général Traoré n’était pas qu’un homme de caserne. Fin stratège et passionné de football, il a présidé aux destinées de la Fédération Burkinabè de Football (FBF) de 1997 à 2002. Sous sa houlette, le football burkinabè a entamé sa structuration moderne, posant les jalons des futurs succès des Étalons sur la scène continentale.
Aujourd’hui, le Burkina Faso pleure un soldat qui aura voué sa vie à la défense de la patrie. Alors que le pays traverse une crise sécuritaire complexe, la disparition de ce garant de la mémoire militaire résonne comme un appel à l’unité.
Que la terre libre du Burkina Faso lui soit légère.
La rédaction















