Le Ghana poursuit sa coopération migratoire avec Washington
Le Ghana a accueilli cette semaine un nouveau groupe de migrants originaires d’Afrique de l’Ouest expulsés des États-Unis dans le cadre d’un accord migratoire conclu entre Accra et Washington.
Selon plusieurs sources concordantes, les personnes concernées ont atterri à Accra le jeudi 28 mai 2026. Leur nombre exact n’a pas été communiqué par les autorités ghanéennes ou américaines à ce stade.
Cette nouvelle arrivée intervient plusieurs mois après l’accueil d’un premier groupe de 42 migrants ouest-africains transférés vers le Ghana dans le cadre du programme américain de déportation vers des pays tiers.
Une politique migratoire controversée
Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump a renforcé sa politique de lutte contre l’immigration irrégulière, multipliant les expulsions et les accords avec plusieurs pays afin d’accélérer le renvoi de migrants en situation irrégulière.
Le Ghana figure parmi les États africains ayant accepté de recevoir temporairement certains ressortissants ouest-africains expulsés des États-Unis avant leur retour éventuel vers leurs pays d’origine.
Les autorités ghanéennes justifient cette coopération par les principes de libre circulation en vigueur au sein de la CEDEAO, qui facilitent les déplacements et l’accueil des citoyens de la région ouest-africaine.
Des inquiétudes sur le respect des droits des migrants
Cette politique continue toutefois de susciter des critiques de la part d’organisations de défense des droits humains et de plusieurs avocats spécialisés en immigration.
Selon certains défenseurs des migrants, plusieurs personnes expulsées vers le Ghana bénéficiaient auparavant de protections juridiques aux États-Unis en raison des risques qu’elles pourraient encourir dans leurs pays d’origine.
Des ONG dénoncent également le manque de transparence entourant les accords conclus entre Washington et certains États africains concernant ces transferts de migrants.
Plusieurs procédures judiciaires sont d’ailleurs en cours au Ghana afin d’obtenir davantage d’informations sur les modalités exactes de cette coopération migratoire.
Une tendance qui s’étend à d’autres pays africains
Le Ghana n’est plus le seul pays africain concerné par ces accords de réinstallation temporaire de migrants expulsés des États-Unis.
Ces derniers mois, d’autres pays du continent, notamment la Sierra Leone, ont également accepté d’accueillir des ressortissants ouest-africains faisant l’objet de mesures d’expulsion américaines.
Cette évolution illustre le recours croissant des autorités américaines aux accords dits de « pays tiers », permettant le transfert de migrants vers des États autres que leur pays d’origine.
Un débat qui divise
Alors que les autorités américaines présentent ces mesures comme un outil de gestion des flux migratoires, leurs détracteurs estiment qu’elles soulèvent d’importantes questions humanitaires et juridiques.
Pour de nombreux observateurs, le défi consiste désormais à concilier les impératifs de contrôle migratoire avec le respect des droits fondamentaux des personnes concernées.
L’arrivée de ce nouveau groupe de migrants à Accra relance ainsi le débat sur la responsabilité des États dans la gestion des migrations internationales et sur la protection des personnes vulnérables confrontées à l’expulsion.
La rédaction















