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Justice au Burkina Faso : lourdes peines prononcées à la session criminelle du TGI Ouaga I pour traite de personnes, trafic de stupéfiants et faux en écriture

La chambre criminelle du Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga I a rendu, jeudi 7 mai 2026, plusieurs verdicts marquants dans des dossiers liés à la traite de personnes aggravée, au trafic de stupéfiants et au faux en écriture publique. Des peines allant jusqu’à 14 ans d’emprisonnement ferme ont été prononcées, illustrant la fermeté croissante de la justice burkinabè face aux formes graves de criminalité.

Une session judiciaire sous le signe de la répression des crimes graves

Ouverte le 4 mai 2026, la session criminelle du Tribunal de grande instance Ouaga I examine plusieurs affaires touchant aussi bien au grand banditisme qu’aux crimes économiques, aux violences graves et à la criminalité organisée. La juridiction siège simultanément dans plusieurs salles d’audience afin d’accélérer le traitement des dossiers pénaux les plus sensibles.

Dans ce contexte, les décisions rendues ce 7 mai traduisent une volonté affichée de sanctionner sévèrement les infractions portant atteinte à la dignité humaine, à la santé publique et à la confiance dans les institutions.

11 ans ferme pour traite aggravée d’un mineur vers des sites d’orpaillage au Mali

Parmi les dossiers les plus lourds, Issa Bagayan et Souleymane Bagayan ont été reconnus coupables de traite de personnes aggravée.

Selon les éléments présentés à l’audience, les deux condamnés avaient recruté et transporté un adolescent de 16 ans vers des sites d’orpaillage au Mali, une opération qui s’est tragiquement soldée par le décès du mineur.

Le tribunal les a condamnés à 11 ans d’emprisonnement ferme chacun, avec mandat de dépôt.

Cette affaire remet en lumière la vulnérabilité persistante de nombreux jeunes face aux réseaux clandestins alimentés par l’orpaillage informel dans la sous-région.

Trafic de stupéfiants : le principal instigateur condamné à 14 ans ferme

Dans le volet consacré aux stupéfiants, la peine la plus lourde a été infligée à Nana Yacouba, présenté comme le principal organisateur d’une opération de trafic de drogue.

Déclaré coupable, il a été condamné à :

  • 14 ans d’emprisonnement ferme ;
  • 10 millions FCFA d’amende ;
  • révocation d’un sursis antérieur, aggravant ainsi sa situation judiciaire.

Deux autres accusés ont également écopé de lourdes condamnations :

  • 11 ans de prison dont 3 ans ferme et 1 million FCFA d’amende ferme pour l’un ;
  • 11 ans dont 6 ans ferme, assortis également d’une amende ferme de 1 million FCFA pour l’autre.

Un quatrième prévenu a, en revanche, été relaxé au bénéfice du doute, rappelant le principe fondamental de la présomption d’innocence.

Faux en écriture publique : prison, amende et réparations aux victimes

Dans une autre affaire, Ousmane Sawadogo a été reconnu coupable de faux en écriture publique, une infraction particulièrement grave car elle touche à l’authenticité des actes officiels et à la confiance envers l’administration.

Le tribunal l’a condamné à :

  • 60 mois de prison, dont 18 mois ferme ;
  • 5 millions FCFA d’amende, dont 1 million ferme ;
  • 230 000 FCFA de dommages et intérêts à chacune des six victimes.

Une justice appelée à répondre aux nouveaux visages de la criminalité

Ces verdicts interviennent dans un contexte de modernisation de la chaîne pénale au Burkina Faso, marqué par de nouvelles réformes juridiques visant à mieux lutter contre la criminalité organisée, la traite des personnes et les infractions économiques.

À travers ces condamnations, la justice burkinabè envoie un signal clair : les réseaux criminels, qu’ils exploitent des mineurs, alimentent le trafic de drogue ou falsifient des documents publics, s’exposent désormais à des sanctions judiciaires particulièrement sévères.

La rédaction 


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