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Ouagadougou : immersion au cœur d’une vaste saisie de pagnes contrefaits évalués à plus de 60 millions FCFA

Dans un entrepôt discret de Ouagadougou, des piles de pagnes soigneusement emballés s’entassent sous surveillance. À première vue, difficile d’imaginer qu’il s’agit de marchandises au cœur d’une importante affaire de fraude commerciale.

Pourtant, ce lundi 11 mai 2026, la Brigade Mobile de Contrôle Économique et de la Répression des Fraudes (BMCRF) a frappé un grand coup en procédant à la saisie de pagnes contrefaits de la marque KOKO DODA, pour une valeur estimée à plus de 60 millions FCFA.

Une opération spectaculaire qui illustre l’ampleur grandissante de la contrefaçon dans le secteur textile burkinabè.

Une opération menée sous haute vigilance

Selon les autorités, l’intervention a été menée après des opérations de surveillance et de contrôle ciblées.

Sur place, les agents de la BMCRF ont découvert d’importantes quantités de pagnes présentés comme des produits authentiques de la marque KOKO DODA, marque protégée et officiellement labellisée au Burkina Faso.

Dans les locaux inspectés, cartons, ballots et rouleaux de tissus étaient stockés en grande quantité.

Des agents mobilisés pour l’opération expliquent que plusieurs éléments auraient permis d’identifier la fraude :

  • qualité suspecte des impressions ;
  • anomalies sur les étiquettes ;
  • absence de certification ;
  • différences avec les modèles officiels commercialisés sur le marché.

“Tolérance zéro contre la fraude”

Face à la presse, le Coordonnateur général de la BMCRF, Sanibè FAHO, a défendu la fermeté de cette opération.

« À travers cette opération, nous réaffirmons notre détermination à assainir le marché et à protéger les consommateurs contre les produits frauduleux et douteux. »

Un message clair envoyé aux réseaux de contrefaçon qui fragilisent plusieurs secteurs économiques au Burkina Faso.

Selon la BMCRF, ces pratiques ont des conséquences lourdes :

  • pertes financières pour les entreprises locales ;
  • concurrence déloyale ;
  • manque à gagner fiscal ;
  • atteinte à l’image des marques nationales ;
  • risques de mauvaise qualité pour les consommateurs.

KOKO DODA : une marque devenue symbole du textile local

Au fil des années, KOKO DODA s’est imposée comme une marque reconnue dans l’univers du textile burkinabè.

Portée par la valorisation des motifs africains et du savoir-faire local, la marque bénéficie aujourd’hui d’une forte popularité sur le marché national.

Mais ce succès attire également les réseaux de contrefaçon, capables de produire des copies à bas coût pour inonder les marchés.

Dans plusieurs boutiques de Ouagadougou, des commerçants reconnaissent que distinguer un produit authentique d’une imitation devient parfois difficile pour les consommateurs.

Sur les marchés, l’inquiétude des vendeurs

Dans certains marchés de la capitale, l’affaire fait déjà réagir.

Des commerçants interrogés expriment des sentiments partagés :

  • certains saluent une opération nécessaire ;
  • d’autres craignent des contrôles renforcés ;
  • plusieurs dénoncent un marché où les copies circulent depuis longtemps.

« Le client regarde souvent le prix avant la qualité », confie une vendeuse de tissus rencontrée au marché.

Avec la baisse du pouvoir d’achat, les produits moins chers trouvent facilement preneur, même lorsque leur origine reste floue.

La contrefaçon, un danger économique silencieux

Cette saisie dépasse le simple cadre d’une opération policière.

Elle révèle plusieurs réalités profondes.

1. La contrefaçon fragilise l’économie locale

Les entreprises qui investissent dans :

  • la création ;
  • la qualité ;
  • la production ;
  • les emplois,

subissent une concurrence déloyale des produits copiés.

2. Les consommateurs restent vulnérables

Faute d’information ou par contrainte économique, de nombreux acheteurs peinent à distinguer les produits authentiques des imitations.

3. Le textile local devient un enjeu stratégique

Dans un contexte de promotion du “consommer local”, protéger les marques burkinabè devient aussi une question de souveraineté économique.

4. La fraude se professionnalise

Les réseaux de contrefaçon deviennent plus organisés, utilisant parfois :

  • des emballages sophistiqués ;
  • des copies presque identiques ;
  • des circuits de distribution étendus.

Une lutte appelée à se renforcer

La BMCRF assure vouloir intensifier :

  • les contrôles ;
  • les opérations de terrain ;
  • les actions de sensibilisation ;
  • et les sanctions contre les fraudeurs.

Les autorités encouragent également les consommateurs à signaler tout produit suspect via les numéros verts mis à disposition.

Avec cette saisie de plus de 60 millions FCFA de pagnes contrefaits, les autorités burkinabè veulent envoyer un signal fort : la lutte contre la fraude économique change d’échelle.

Mais derrière les saisies spectaculaires, le véritable défi reste plus large : construire un marché plus sain, protéger les entreprises locales et restaurer la confiance des consommateurs.

Par la rédaction de Fasoverse Media


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