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À Komsilga, le théâtre populaire tente de rapprocher l’art des populations

Sous un soleil encore brûlant malgré la fin de l’après-midi, des dizaines d’habitants convergent lentement vers une grande cour aménagée au cœur de Komsilga, à une quinzaine de kilomètres de Ouagadougou. Des enfants courent entre les chaises en plastique, des vendeuses installent leurs plateaux de galettes et de jus locaux pendant que des artistes répètent leurs dernières répliques derrière une bâche improvisée en coulisses.

Ici, le théâtre ne se joue pas dans une grande salle climatisée. Il descend dans les quartiers, au contact direct des populations.

Du 7 au 10 mai 2026, la commune a accueilli la deuxième édition du Festival international du théâtre populaire de Ouagadougou (FITPO), un événement culturel qui mise sur la proximité, l’éducation citoyenne et la cohésion sociale à travers les arts de la scène.

Un théâtre au milieu du quotidien

À mesure que la nuit tombe, les spectateurs prennent place. Certains suivent le spectacle debout, d’autres depuis les fenêtres voisines ou assis sur leurs motos. L’ambiance est simple, populaire et vivante.

Sur scène, les comédiens abordent plusieurs thèmes de société : vivre-ensemble, solidarité, conflits sociaux, jeunesse ou encore résilience face aux difficultés du pays.

À plusieurs reprises, les spectateurs éclatent de rire avant de replonger dans un silence attentif. Ici, le public ne se contente pas de regarder ; il réagit, commente et échange.

« Le théâtre devient plus fort quand il vient vers les populations », explique un jeune étudiant venu assister aux représentations avec ses amis.

Le FITPO revendique justement cette volonté de rendre le théâtre accessible à tous, loin des cercles culturels souvent jugés élitistes.

Faire du théâtre un outil social

Pour les organisateurs, le festival dépasse largement le simple cadre du divertissement. L’événement veut faire du théâtre un véritable espace de dialogue social dans un contexte national marqué par les défis sécuritaires et humanitaires.

« Créer un espace accessible où l’art devient un outil de dialogue, d’éducation et de transformation sociale », telle est l’ambition affichée par les initiateurs du festival.

Pendant quatre jours, les activités se sont multipliées : représentations théâtrales, ateliers artistiques, échanges avec les habitants et formations pour les jeunes passionnés de scène.

Dans les rues de Komsilga, plusieurs habitants reconnaissent que ce type d’événement apporte une animation inhabituelle dans la commune.

« Les enfants découvrent autre chose. Ça rassemble les gens », confie une commerçante installée près du site du festival.

La culture comme espace de résilience

Malgré les difficultés économiques et sécuritaires que traverse le Burkina Faso, plusieurs acteurs culturels continuent de défendre l’idée que l’art peut jouer un rôle important dans le maintien du lien social.

À Komsilga, cette conviction se ressent dans l’implication des habitants, des bénévoles et des jeunes artistes mobilisés autour du festival.

Dans les coulisses, certains comédiens répètent encore sous la lumière des téléphones portables. D’autres échangent avec des enfants fascinés par les costumes et les accessoires de scène.

Au-delà des spectacles, le FITPO donne surtout l’image d’une culture qui refuse de s’effacer malgré les difficultés du moment.

Pour beaucoup de participants, ces rencontres culturelles constituent aussi une manière de préserver des espaces de respiration, d’expression et de dialogue dans une société confrontée à de nombreux défis.

Et lorsque les dernières scènes prennent fin sous les applaudissements, plusieurs spectateurs tardent encore à quitter les lieux, comme pour prolonger un peu cette parenthèse artistique au milieu du quotidien.

La rédaction 


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