Ce vendredi au camp général Baba Sy de Ouagadougou, 974 recrues de la deuxième vague du contingent exceptionnel 2025 ont officiellement intégré les rangs de l’armée burkinabè.
Une cérémonie sous le signe de l’engagement patriotique
La Troisième région militaire a organisé, le vendredi 22 mai 2026, la cérémonie de présentation au drapeau de 974 recrues issues de la deuxième vague du contingent exceptionnel de la classe 2025.
Après trois mois de formation militaire intensive, ces nouvelles forces viennent renforcer les capacités opérationnelles des unités combattantes engagées dans la lutte contre le terrorisme.
Placée sous l’autorité du commandant de la Troisième région militaire, la cérémonie s’est déroulée dans la solennité au sein du camp militaire Général Baba Sy, l’une des principales infrastructures militaires de la capitale.
Une formation exigeante pour un engagement total
Selon le chef de bataillon du Centre régional d’instruction militaire de la Troisième région militaire, le commandant Issaka Ouédraogo, les recrues ont suivi une formation rigoureuse et éprouvante.
« Ces jeunes recrues ont enduré une formation rigoureuse, exigeante et éprouvante, tant sur le plan physique que mental. Ils ont appris le maniement des armes, la tactique, mais surtout le dépassement de soi, la résilience et l’esprit de corps. »
Un discours qui résonne comme un appel à la cohésion et au sacrifice pour la Nation.
Des VDP techniciens au service des forces combattantes
Le contingent est composé de Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) , dont plusieurs techniciens appelés à mettre leurs compétences spécifiques au profit des forces combattantes.
Cette spécialisation répond à un besoin opérationnel clair : sur le terrain, les qualités techniques (mécanique, transmission, logistique, santé) sont aussi précieuses que les compétences tactiques.
Le commandant Ouédraogo a précisé que ces nouvelles compétences seront mises à contribution pour :
➜ consolider les villages réinstallés
➜ sécuriser les personnes et les biens
➜ contribuer à la reconquête de nouvelles zones
➜ participer au recouvrement total de l’intégrité territoriale
« Le message qui leur a été donné est clair : aller renforcer les rangs de l’armée et apporter le soutien attendu en fonction des qualifications de chacun afin que, tous ensemble, les forces puissent vaincre l’adversaire. »
« Servir avec loyauté, dévouement et, si nécessaire, jusqu’au sacrifice suprême »
Le commandant a également invité les nouvelles recrues à servir avec loyauté et dévouement, n’hésitant pas à évoquer la possibilité du sacrifice suprême pour l’intérêt supérieur de la Nation.
Une formule qui, dans le contexte actuel de guerre contre le terrorisme, prend une résonance particulière. Depuis 2015, le Burkina Faso est engagé dans un conflit armé meurtrier contre des groupes djihadistes actifs sur son territoire et aux frontières.
La major de promotion : « Un sentiment de fierté et de courage »
Pour la major de la promotion, le soldat de deuxième classe Zenabo Pagbelem, c’est un sentiment de fierté et de courage qui anime l’ensemble du contingent.
« Notre but principal, c’est de contribuer à la lutte pour la libération totale du territoire dans la discipline et protéger les populations sur toute l’étendue du territoire. »
Cette prise de parole, sobre et déterminée, illustre l’état d’esprit de ces jeunes soldats prêts à rejoindre le front.
Un contingent presque au complet
Sur un effectif initial de 977 recrues (dont 24 femmes), 974 ont finalement été présentées au drapeau.
Les pertes enregistrées :
➜ 1 abandon
➜ 1 décès
➜ 1 renvoi pour grossesse
Ces chiffres montrent la rigueur du processus de sélection et de formation, mais aussi les réalités humaines qui accompagnent tout recrutement militaire de grande ampleur.
Un recrutement massif dans un contexte de guerre
Cette promotion s’inscrit dans un effort national sans précédent de renforcement des forces armées burkinabè. Depuis plusieurs mois, les autorités multiplient les initiatives pour accroître les effectifs combattants.
Quelques repères récents :
➜ Avril 2026 : lancement du recrutement de près de 12 000 nouveaux soldats d’active, dont 5 000 issus des VDP
➜ 24 avril 2026 : adoption en Conseil des ministres d’un projet de loi portant création d’une réserve militaire de 100 000 hommes d’ici fin 2026
➜ Février 2026 : présentation au drapeau de 351 recrues issues de la première vague des VDP
L’objectif affiché par le ministre de la Guerre, le général Célestin Simporé, est clair : adapter les instruments de défense aux réalités sécuritaires contemporaines et mobiliser toutes les forces vives de la Nation .
L’armée burkinabè en pleine transformation
Avec seulement 12 000 hommes actifs dans l’armée régulière, le Burkina Faso a longtemps souffert d’un déficit quantitatif face à des groupes terroristes mobiles et bien implantés .
Le recours massif aux VDP (environ 80 000 aujourd’hui) et désormais la création d’une réserve militaire témoignent d’un changement de paradigme : il ne s’agit plus seulement de professionnaliser l’armée, mais de mobiliser la Nation tout entière dans la guerre.
Des défis persistants
Cette montée en puissance soulève néanmoins des défis considérables :
➜ logistique : former, équiper et encadrer des dizaines de milliers de supplétifs
➜ budget : financer un effort de défense sans précédent
➜ contrôle : éviter les dérives et les exactions signalées par certaines ONG
➜ coordination : articuler armée régulière, VDP et future réserve militaire
Des organisations comme Human Rights Watch ont exprimé des inquiétudes quant aux risques d’abus par des forces supplétives insuffisamment formées ou encadrées . Les autorités burkinabè assurent que la formation intègre des modules sur le droit de la guerre et la protection des civils.
La lutte pour l’intégrité territoriale
Le contexte dans lequel s’inscrit cette promotion est celui d’une guerre qui dure. Depuis 2015, des milliers de civils et de soldats ont perdu la vie. Des centaines de milliers de déplacés internes ont fui leurs foyers.
La reconquête du territoire est l’objectif suprême. Chaque nouvelle recrue, chaque VDP, chaque soldat formé est une pièce supplémentaire dans ce dispositif de guerre totale.
Les 974 soldats présentés au drapeau vendredi savent à quoi ils s’engagent. Certains rejoindront des unités d’élite. D’autres seront déployés dans des zones encore sous menace. Tous ont prononcé le serment de défendre la patrie.
Enseignement à retenir
La présentation au drapeau de ces 974 recrues n’est pas une simple formalité administrative. C’est un acte politique et militaire fort, qui témoigne de la détermination des autorités à poursuivre l’effort de guerre malgré les difficultés.
C’est aussi un signe adressé aux terroristes : les rangs de l’armée burkinabè se renforcent, se professionnalisent et se préparent à une guerre de longue haleine.
Pour les 974 nouveaux soldats, l’aventure ne fait que commencer. Après trois mois de formation, c’est désormais sur le terrain qu’ils devront prouver leur valeur.
La rédaction















