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Niger : Niamey crée une nouvelle société d’État pour reprendre le contrôle de son uranium mp

Le Niger poursuit sa stratégie de souveraineté sur ses ressources naturelles. Les autorités nigériennes ont officialisé la création de la société d’État « Teloua Safeguarding Uranium Mining Company » (TSUMCO SA), une nouvelle structure appelée à gérer les activités liées à l’exploitation de l’uranium dans le pays.

Cette décision marque un nouveau tournant dans le bras de fer engagé entre Niamey et le groupe français Orano, anciennement Areva, autour de la Société des Mines de l’Aïr (Somaïr), exploitant historique des gisements d’uranium nigériens.

Une volonté affirmée de souveraineté minière

À travers la création de TSUMCO SA, les autorités nigériennes affichent clairement leur volonté de reprendre la maîtrise stratégique du secteur extractif, considéré comme vital pour l’économie nationale.

Depuis le changement de régime intervenu en 2023, les autorités militaires nigériennes multiplient les décisions visant à renforcer le contrôle de l’État sur les ressources minières et énergétiques. La nationalisation de la Somaïr en juin 2025 avait déjà marqué une rupture majeure avec Orano, actionnaire historique du projet.

Selon plusieurs analystes, la création de TSUMCO SA s’inscrit dans une logique plus large de réorganisation des partenariats stratégiques du Niger, avec l’objectif de maximiser les revenus tirés de l’uranium et de réduire la dépendance aux groupes étrangers.

Un secteur hautement stratégique

Le Niger figure parmi les principaux producteurs africains d’uranium et possède d’importantes réserves exploitées principalement dans la région d’Arlit, au nord du pays.

Pendant plusieurs décennies, l’exploitation de cette ressource a été dominée par des entreprises françaises, notamment à travers la Somaïr et la Cominak.

Mais les nouvelles autorités nigériennes dénoncent depuis plusieurs mois des accords jugés déséquilibrés et insuffisamment favorables aux intérêts nationaux.

Le gouvernement affirme désormais vouloir bâtir un modèle plus souverain, capable d’assurer une meilleure redistribution des revenus miniers au profit de l’État et des populations.

Un contentieux judiciaire avec Orano

La reprise de contrôle de la Somaïr a toutefois déclenché un important contentieux juridique entre Niamey et Orano.

Le groupe français a engagé plusieurs procédures d’arbitrage international pour contester la nationalisation de sa filiale et empêcher la commercialisation de l’uranium produit sur le site.

Selon les autorités nigériennes, environ 1 800 tonnes de concentré d’uranium, communément appelé « yellowcake », seraient actuellement stockées sans avoir encore été vendues en raison des procédures judiciaires en cours.

Le ministre nigérien des Mines, le colonel Ousmane Abarchi, a récemment dénoncé ce qu’il qualifie de « harcèlement juridique » de la part du groupe français.

Une réorientation géopolitique et économique

Au-delà des enjeux économiques, cette affaire illustre également la recomposition géopolitique en cours dans la région sahélienne.

Depuis la rupture progressive avec plusieurs partenaires occidentaux, le Niger cherche à diversifier ses alliances économiques et minières, notamment vers de nouveaux partenaires stratégiques. Plusieurs observateurs évoquent notamment un intérêt accru de pays comme la Russie ou certains acteurs asiatiques pour les ressources minières nigériennes.

Dans ce contexte, TSUMCO SA pourrait devenir l’outil principal de la nouvelle politique minière nigérienne, centrée sur le contrôle national des ressources stratégiques.

Un tournant pour l’économie nigérienne

L’uranium représente depuis des décennies une ressource essentielle pour le Niger, même si ses retombées économiques ont souvent été critiquées par une partie de la société civile.

En reprenant directement la gestion du secteur, les autorités espèrent augmenter les recettes publiques, renforcer les capacités nationales et redéfinir les rapports économiques avec les multinationales minières.

Reste désormais à savoir si cette stratégie permettra réellement au Niger de transformer ses ressources minières en levier durable de développement économique et de souveraineté.

La rédaction 


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