Longtemps considéré comme l’une des principales causes de consultation et de mortalité au Burkina Faso, le paludisme connaît une baisse historique dans le pays. Selon les chiffres présentés par le ministère de la Santé en février 2026, les cas de paludisme ont chuté de 32 % en 2025, tandis que les décès liés à la maladie ont diminué de 48 %.
Une évolution majeure saluée par les autorités sanitaires et les partenaires internationaux, dans un contexte où le paludisme reste l’un des plus grands défis de santé publique en Afrique subsaharienne.
Des chiffres encourageants
D’après les données communiquées par le ministère de la Santé :
- le nombre total de cas est passé de 10,8 millions en 2024 à 7,3 millions en 2025 ;
- les décès sont passés de 3 523 à 1 900 sur la même période ;
- chez les enfants de moins de 5 ans, la baisse des cas dépasse les 38 %.
Ces résultats représentent plusieurs milliers de vies sauvées et des dépenses médicales évitées pour les ménages burkinabè.
Selon les premières estimations évoquées par les autorités, cette diminution aurait permis d’économiser près de 15 milliards FCFA en frais liés aux soins et aux hospitalisations.
Le vaccin antipaludique change progressivement la donne
Parmi les facteurs expliquant cette amélioration figure l’introduction progressive du vaccin antipaludique dans le programme de vaccination de routine.
Deux ans après son déploiement, plusieurs familles constatent déjà une réduction des épisodes graves chez les enfants. À Ouagadougou, des parents interrogés dans le cadre d’un reportage de Gavi affirment observer moins de crises sévères chez les enfants vaccinés.
Le vaccin utilisé contre le paludisme cible principalement le parasite Plasmodium falciparum, responsable des formes les plus graves de la maladie en Afrique.
Le Burkina Faso fait aujourd’hui partie des pays africains engagés dans les stratégies innovantes de lutte contre le paludisme, notamment grâce aux travaux de chercheurs burkinabè reconnus internationalement comme le Pr Halidou Tinto, figure majeure de la recherche vaccinale contre cette maladie.
Des moustiquaires et des campagnes communautaires renforcées
Outre la vaccination, les autorités sanitaires ont renforcé plusieurs mesures :
- distribution massive de moustiquaires imprégnées ;
- campagnes de sensibilisation ;
- chimioprévention saisonnière chez les enfants ;
- mobilisation de milliers d’agents de santé communautaires.
Plus de 14 millions de moustiquaires auraient ainsi été distribuées récemment à travers le pays.
Dans plusieurs quartiers et villages, les agents communautaires sensibilisent également les populations sur :
- l’assainissement des alentours ;
- l’élimination des eaux stagnantes ;
- l’importance du dépistage rapide.
Mais le paludisme reste une menace majeure
Malgré cette baisse encourageante, les spécialistes appellent à la prudence.
Le paludisme demeure encore l’une des maladies les plus fréquentes au Burkina Faso, particulièrement pendant la saison des pluies. Le pays reste exposé à plusieurs défis :
- résistance des moustiques aux insecticides ;
- difficultés d’accès aux soins dans certaines zones ;
- déplacements de populations liés à l’insécurité ;
- risques d’autres épidémies comme la dengue ou la rougeole.
Les autorités sanitaires craignent notamment qu’un relâchement des efforts ne provoque une remontée rapide des cas.
Un tournant sanitaire pour le Burkina Faso ?
Les résultats enregistrés en 2025 montrent qu’une combinaison de :
- vaccination,
- prévention communautaire,
- distribution de moustiquaires,
- amélioration de la prise en charge,
- mobilisation politique,
peut produire des effets significatifs.
Mais au-delà des chiffres, cette baisse révèle surtout un enjeu stratégique : la souveraineté sanitaire.
Le Burkina Faso cherche désormais à renforcer :
- sa production locale de médicaments ;
- la digitalisation du système de santé ;
- son autonomie dans les politiques sanitaires.
L’objectif affiché par les autorités est ambitieux : éliminer progressivement le paludisme à l’horizon 2030.
La baisse historique des cas de paludisme constitue une avancée majeure pour le système de santé burkinabè.
Mais la bataille est loin d’être terminée.
Dans un pays où la maladie continue d’affecter des millions de personnes chaque année, la prévention, la vaccination et l’engagement communautaire restent essentiels.
Car derrière les statistiques, ce sont surtout des vies qui sont sauvées.
Par la rédaction de Fasoverse Media















