L’évolution récente des cas de hantavirus à travers le monde attire l’attention des autorités sanitaires internationales. Depuis le début du mois de mai 2026, plusieurs pays suivent avec vigilance un foyer d’infection lié au navire de croisière MV Hondius, où plusieurs passagers ont été contaminés par la souche « Andes » du hantavirus, une variante rare connue pour sa capacité limitée de transmission entre humains.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), au moins onze cas ont été signalés ces derniers jours, dont trois décès. Plusieurs passagers provenant d’Europe, d’Amérique latine et d’autres régions du monde ont été placés sous surveillance sanitaire après leur évacuation du navire.
Les autorités sanitaires insistent toutefois sur un point important : le risque d’une pandémie mondiale reste considéré comme faible à ce stade. L’OMS affirme qu’aucun élément ne permet actuellement de penser à une situation comparable à celle du Covid-19.
Un virus transmis principalement par les rongeurs
Les hantavirus sont des virus transmis principalement par certains rongeurs infectés. L’être humain peut être contaminé au contact de l’urine, des excréments ou de la salive de ces animaux. Dans les Amériques, l’infection peut provoquer un syndrome cardio-pulmonaire sévère, parfois mortel. En Europe et en Asie, les formes observées touchent davantage les reins et les vaisseaux sanguins.
L’OMS estime que des milliers de cas sont enregistrés chaque année dans certaines régions du monde, notamment en Asie orientale et en Europe du Nord. En Amérique du Sud, la souche Andes reste particulièrement surveillée en raison de rares cas documentés de transmission interhumaine.
Pourquoi la souche « Andes » inquiète
La souche détectée sur le navire MV Hondius est considérée comme la plus préoccupante parmi les hantavirus connus. Des études scientifiques menées en Argentine et au Chili ont déjà montré qu’elle pouvait se transmettre entre personnes dans certaines situations de contact étroit et prolongé.
Cette caractéristique explique pourquoi plusieurs pays européens ont renforcé les mesures de suivi sanitaire autour des voyageurs concernés. Certains États ont imposé des quarantaines préventives pouvant aller jusqu’à six semaines, correspondant à la période maximale d’incubation connue du virus.
Des autorités sanitaires en alerte mais rassurantes
Malgré les inquiétudes relayées sur les réseaux sociaux, les spécialistes rappellent que les hantavirus restent beaucoup moins contagieux que les virus respiratoires classiques comme le coronavirus ou la grippe. La transmission humaine demeure rare et nécessite généralement un contact rapproché.
L’OMS poursuit néanmoins la coordination internationale des opérations de traçage et de surveillance épidémiologique. Plusieurs laboratoires européens et américains analysent actuellement les échantillons prélevés afin de détecter d’éventuelles mutations du virus.
Pour les experts, cette situation rappelle surtout l’importance de la coopération sanitaire internationale face aux maladies émergentes. Elle souligne également les défis liés à la circulation mondiale des personnes dans un contexte où les risques zoonotiques restent surveillés de près.















