Le Tribunal de grande instance Ouaga I a rendu, en ce début de semaine, un verdict particulièrement suivi dans une affaire de cybercriminalité ayant causé un important préjudice financier à plusieurs victimes au Burkina Faso.
Deux jeunes hommes, identifiés par leurs initiales D.M. et S.I., ont été reconnus coupables d’escroquerie aggravée commise à l’aide des technologies de l’information et de la communication. Les faits ont été jugés après plusieurs mois d’enquête menée par la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC).
Une arnaque numérique bien organisée
Selon les éléments du dossier présentés à la barre, les deux prévenus utilisaient de faux profils numériques et des identités usurpées afin d’entrer en contact avec leurs victimes, principalement des commerçants et des particuliers actifs sur les réseaux sociaux et les plateformes de vente en ligne.
Les enquêteurs indiquent que les mis en cause promettaient des produits importés, des véhicules ou encore des transactions commerciales avantageuses afin d’obtenir des avances financières auprès des victimes.
Une fois les fonds transférés, les contacts étaient coupés et les victimes ne recevaient jamais les marchandises promises.
Au total, au moins 18 victimes ont été officiellement identifiées par les enquêteurs, même si les autorités estiment que le nombre réel pourrait être plus élevé.
Les prévenus reconnaissent les faits
À l’audience, les deux hommes ont reconnu les faits qui leur étaient reprochés après la présentation des preuves numériques collectées par les enquêteurs de la BCLCC.
Le parquet a souligné le caractère structuré et répétitif des opérations menées par les prévenus, estimant que leurs actes avaient porté atteinte à la confiance dans les transactions électroniques et au développement du commerce numérique au Burkina Faso.
Le ministère public a également insisté sur l’augmentation des cas de cyber-escroquerie observés ces dernières années dans le pays, notamment via les réseaux sociaux, les plateformes de messagerie et les faux services de transfert d’argent.
De lourdes peines prononcées
À l’issue des débats, le tribunal a condamné D.M. à sept ans de prison ferme assortis d’une amende de cinq millions de FCFA.
Son coaccusé S.I. a quant à lui écopé de six ans d’emprisonnement ferme et d’une amende de 3,5 millions de FCFA.
La juridiction a également rappelé la nécessité de renforcer la vigilance autour des transactions numériques et des échanges commerciaux réalisés avec des interlocuteurs inconnus.
Une cybercriminalité en progression
Cette affaire relance le débat sur la montée de la cybercriminalité au Burkina Faso. Ces derniers mois, plusieurs dossiers similaires ont été traités devant les juridictions burkinabè, poussant les autorités à renforcer les capacités d’enquête de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité.
Pour de nombreux observateurs, l’essor rapide du numérique et du commerce en ligne au Burkina Faso offre de nouvelles opportunités économiques, mais expose également les citoyens à des formes d’arnaques de plus en plus sophistiquées.
Les autorités appellent ainsi la population à redoubler de prudence avant tout transfert d’argent ou transaction réalisée sur internet.















